Synopsis

CONTACTED, raconte l’histoire des villages Waoranis de Bameno et Boanamo, installés au fin fond de la forêt tropicale amazonienne, en Équateur. A travers le regard de l’artiste Varial*, aventurier et réalisateur, ce film suit la famille Baihua, une communauté de plus de 100 personnes et nous raconte leur quotidien, de la chasse aux cérémonies rituelles, tout en révélant leur combat pressant pour protèger leur territoire, menacé par les compagnies pétrolières. L’artiste porte également un regard critique sur la signification du "contact", en évoquant la multitude de changements infligés à l’infrastructure et à la superstructure de cette communauté, ainsi qu’à d’autres tribus indigènes depuis l’arrivée des premiers missionnaires dans les années cinquante. Il désire mettre en lumière nos responsabilités, celles de nos sociétés dites "développées", envers ces tribus indigènes autonomes, derniers survivants, et face à la destruction de leurs territoires vierges et sauvages. Dans ce second film, Varial* choisit à nouveau de bousculer la représentation mentale du monde à laquelle nous nous accrochons.





Crédits

RÉAlisation et CINEMATOGRAPHie Varial* Cédric Houin
Écriture Varial*, Cyril Lochon, Bianca Laliberté
Production Varial*Studio, Victorine Sentilhes, Andresa Nunes
Collaboration Spéciale ARSENAL Montréal – Contemporary Art
Production Déléguée Victorine Sentilhes
Montage Cyril Lochon
Musique Originale David Drury
Producteurs Associés Cyril Lochon, David Drury, Pierre Trahan



Expositions



CONTACTED TRIBES - Le Peuple de Bameno
Un projet d'art documentaire multiplateforme
Film - Installations - Photographie - Musique - Livre

Le cas Bameno parle d’un lieu parmi d’autres, où les hommes vivent en communauté, et où la vie animale et végétale s’articule, formant un microcosme luxuriant. Les Waoranis du clan Kamperi, sont une des communauté indigènes de l’ Amazonie. Ils mènent une lutte de taille qui se perpétue depuis des siècles ayant pour cœur la protection de leur territoire. Cependant la nature de ce combat s’est transformée à mesure que se sont agencés les rapports constamment renouvelés entre l’histoire de ce peuple et l’histoire du “dehors”. Le combat des Waoranis s’inscrit dans un combat déjà existant : le combat des populations indigènes.

Il existe approximativement 370 millions d’Indigènes dans le monde. Les environnements de la majorité d’entre eux ont été dévastés par des initiatives industrielles (minières, agraires, touristiques, etc.) et ils continuent de subir des pressions de plus en plus virulentes. Leur résistance contribue au maintien des environnements naturels de la Terre. En ce sens, témoigner de leur combat peut contribuer à servir la cause de l’environnement à l’échelle mondiale.

C’est au titre de “tribu contactée”, notamment, qu’ils luttent aujourd’hui. Nous cherchons à saisir contre qui ou contre quoi est mené ce combat, en quoi il consiste et comment la nature du combat lui-même transforme le mode de vie du clan Kamperi. La tendance médiatique et documentaire actuelle à la représentation des Waoranis du clan Kamperi, telle qu’elle se révèle dans les archives que nous avons à notre disposition, se traduit par le maintien d’un mythe les concernant : ils sont “uncontacted”, vivent encore au rythme et selon les moyens de l’homme préhistorique et doivent leur continuité à un essentialisme pur.

Les images que nous avons réalisés démontrent l’ampleur des transformations de la vie de la tribu depuis le premier contact avec le monde occidental. En effet, la caméra dévoile, d’une part, la présence et l’ usage d’objets occidentaux, (téléviseur, ordinateur, radio, carabines, vêtements, chaussures, moteurs de bateau, etc...). Par ailleurs, elle rend compte du maintien d’ un certain nombre de pratiques traditionnelles (chasse en communauté et ses techniques, pêche et ses techniques, cueillette, chamanisme, etc.) et de l’usage d’objets traditionnels (lance, sarbacane, arc et flèches, habitats, pirogue et autres outils). L’existence du clan Kamperi est partagée entre le fait d’une insistance sur le maintien d’un mode de vie traditionnel et l’inclusion de pratiques nouvelles d’origine « occidentales ». Notre point de vue s’exprime comme un refus de la perpétuation du mythe du sauvage, qui semble réduire à un spectacle illusoire les enjeux réels concernant les Waoranis.

On peut affirmer sans aucun doute que l’enjeu premier est le territoire, l’OMÉ. Ce dernier est mis en péril par l’état des choses économiques et politiques en Équateur; l’État ne se soulève pas contre la destruction de son territoire par les industries pétrolières, entre autres. Les Waoranis sont quotidiennement affectés par des décisions politiques prises à l’échelle nationale et supranationale et veulent en limiter les effets négatifs. Nous pouvons sans aucun doute prévoir la désintégration lente et déjà amorcée de leur mode de vie traditionnel. Ils oeuvrent pour la protection de leur territoire et la défense de leur folklore, savoir du peuple. Les Waoranis ne défendent plus leur territoire avec une sarbacane comme ils l’ont toujours fait.

Ils comprennent aujourd’hui l’usage de l’image, l’accumulation d’un minimum d’argent, la connaissance touristique et le tourisme lui-même, ainsi que l’ensemble des outils techniques qui proviennent du monde “occidental” comme des armes, des moyens qui leur serviront à mettre en place une défense stratégique. Ils saisissent la pertinence de mettre en place ou de laisser se produire à leur sujet, à même l’espace numérique et télévisuel, les modes d’expression d’un nouvel espace commun virtuel. Il existe une série d’interviews où Penti, le chef du village, exprime ce qu’il considère être l’enjeu de leur combat. Prises dans leur ensemble, ces vidéos apparaissent comme une éternelle répétition du même message essentiel : les membres du clan Kamperi veulent protéger leur territoire pour une vie libre. On constate l’intelligence des membres de ce clan. Leur geste tient d’une nécessité ; cette intelligence s’exprime donc en tant qu’intelligence de cette nécessité. Ils se livrent à une étonnante conciliation, à une acceptation des conditions globales de leur situation. Ils s’approprient des aspects de notre langage, de notre mode de vie, malgré les risques de répercussions sur le leur, auquel ils tiennent.

Mais, le combat des Waoranis, tel qu’ il s’ institue actuellement, requiert l’appropriation d’armes nouvelles, puisque les adversaires sont devenus autres (des géants de l’industrie et de la communication, par exemple). La théâtralisation de leur culture et le tourisme comptent parmi les nouvelles armes les plus importantes du clan Kamperi. En un sens, le maintien du rituel de leur primitivité est nécessaire, car, en plus de servir dans le processus de la représentation virtuelle du clan, il prend forme dans le cadre touristique local. Aujourd’hui, et déjà, le tourisme représente la première source de revenu de ce clan et certains de ses membres quittent la jungle pour la ville afin de l’étudier dans des institutions touristiques équatoriennes.

Penser la théâtralisation de leur culture, doit nécessairement impliquer une réflexion sur les effets qu’engendrent ces pratiques. Nous, comme eux, pouvons nous demander si elles engendrent réellement des répercussions positives ou mieux encore, comment s’en assurer? Parce qu’en effet, cette stratégie défensive produit des transformations du territoire lui-même, à travers l’incorporation d’objets et de techniques d’origine “étrangère” et l’arrivée d’un nombre de plus en plus considérable de membres de populations extérieures. D’une part, de nouveaux besoins sont créés mais d’autre part, ce sont de nouvelles possibilités qui s’offrent à eux. L’état des choses en ce monde nous pousse à la quête d’horizons de pensées rafraîchissantes. Comment penser encore que la représentation de l’“autre” suffise à rendre justice au réel, réel de l’autre? Nous ne cherchons pas une parole et un regard sur les Waoranis qui nous soient exclusifs, mais plutôt un partage du discours et de la vision qui soit inhérent au processus de création.

L’art pourrait-il aider à la production de ces configurations ? Un tel partage s’inscrit, à terme, dans la vision d’une autonomisation de la pratique documentaire par et pour les Waoranis. La caméra et l’ordinateur sont d’ailleurs des objets qui sont déjà présents sur le territoire de Bameno. Comment l’usage que ses habitants en font peut-il faire symbiose avec l’usage que nous faisons des mêmes objets dans le contexte de production de ce contenu ? Dans le même ordre d’idées, Internet risque d’ être bientôt installé dans la ville de Bameno, ce qui ouvre d’autres perspectives éventuelles...











"Message de Penti Baihua , Fils de Awa Baihua , chef de et coordonnateur de Ome Gompote Kiwigimoni Huaorani

Mon nom est Penti Baihua. Moi et mon peuple, les Huaorani , avons vécu dans la forêt amazonienne , dans la zone connue comme Yasuni , depuis toujours et avant l'arrivée des peuples européens dans les Amériques , et avant même que le pays de Équateur ait été créé . Nous appelons la forêt Omdedè et nous nous inquiétons pour elle parce qu'elle nous donne tout : Nourriture, eau, médicaments, abri , et plus encore. Elle nous donne la vie et notre mode de vie . Sans la forêt, nous ne pourrions pas survivre

Mon père est Ahua . Il est un grand guerrier et il a défendu notre territoire Huaorani avec des lances . Maintenant, je dois défendre notre territoire et la la forêt , Omedè , avec de la paperasse, des documents et des avocats, le tout en espagnol, que j'ai appris et continue d'apprendre, et je dois voyager loin comme l'aigle harpie .

J'ai deux choses très importantes à dire

La première chose que je veux dire, c'est que le pétrolequi se trouve dans l'ensemble de la région maintenant connue comme " La zone intangible » - doit rester dans le sol . ( une zone de 758,051 hectares de forêt dans la région de Yasuni, désignée par le gouvernement comme une zone de conservation , hors des limites de trafficants de bois et des compagnies pétrolières , depuis 1999. Le pétrole doit rester dans le sol car lazone intangible est notre maison . Si les compagnies pétrolières détruisent tout de Yasuni , où allons-nous vivre ?

Depuis l'arrivée de la première compagnie pétrolière Texaco (maintenant partie de Chevron ) , les Huaorani ont souffert de nombreuses blessures et de violations des droits de l'homme . Notre territoire traditionnel a été envahi par des étrangers qui défrichent la forêt, font fuir les animaux , et contaminent les eaux , les sols et l'air . De nouvelles maladies sont décellées, des membres de nos familles ont été tués et on nous dit que notre culture Huaorani est trop sauvage, et que le peuple Huaorani doit changer et abandonner ses traditions et modes de vie.

Mais nous ne voulons pas que notre culture et la vie des Huaoranis disparaissent . Dans ma communauté, Bameno , et dans d'autres collectivités Yasuni , nous sommes fiers de vivre comme Huaorani , en harmonie avec notre environnement de la forêt tropicale . Nous voulons que nos enfants et les enfants de nos enfants , puissent de continuer de profiter des avantages de notre culture et mode de vie . Notre chaman , Kemperi , a expliqué pourquoi nous ne voulons pas plus de compagnies pétrolières à venir , dans un message aux peuples qui vivent là où les compagnies pétrolières se trouvent: “Mon message est que nous vivons ici. Nous sommes bien vivants, dans le bon sens . Il ne devrait plus y avoir de compagnies pétrolières parce que il y en a déjà assez .... Beaucoup d'entreprises veulent entrer, partout. Mais ils n'aident pas ; ils ont dramatiquement endommagé la forêt . Au lieu de aller à la chasse , ils coupent les arbres pour faire des chemins . Au lieu de prendre soin de la forêt, ils la détruisent. Lorsque la société vit, ça sent mauvais ; les animaux se cachent ; et quand la rivière monte, le manioc et la banane plantain dans les zones basses ont des problèmes . Nous respectons l'environnement dans lequel nous vivons . Nous aimons les touristes parce qu'ils viennent , et disparaissent. PAs comme les compagnies pétrolières qui laissent tout détruit derrière eux et ils ne veulent pas partir. Maintenant les compagnies pétrolièrs ont l'habitude d'offrir beaucoup de choses ; cela dit , il disent venir faire des affaires, mais il s'approprient toutes les terres. Et lorsque les comganies repartent, nous ne pouvons pas revenir tellement tout est détruit. Quelque chose doit rester pour nous. Sans territoire , nous ne pouvons pas vivre . Si ils détruisent tout, où allons-nous vivre ? Nous ne voulons pas plus d'entreprises , ou plus de routes . Nous voulons vivre comme Huaorani , nous voulons que les autres respectent notre culture

La deuxième chose que je veux dire, que je veux que tous vous compreniez, c'est que nous , le Yasuni Huaorani qui vivent dans la zone intangible , travaillons pour défendre la forêt et nos droits humains. Nous sommes reconnaissants qu'il y ait beaucoup d'intérêt national et international pour Yasuni , que tant de gens veulent protéger la forêt tropicale, c'est notre maison . Mais nous sommes inquiets parce que tant de gens dans les organismes gouvernementaux et les organisations non gouvernementales veulent négocier et prendre des décisions cincernant Yasuni , sans tenir compte de nos droits . Nous craignons maintenant pour notre droit de continuer à vivre dans la liberté, comme Huaorani, dans nos terres ancestrales.

Ma communauté , Bameno , partage la zone intangible avec deux autres communautés de « Contactés » Huaorani , Bowanamo et Gabaro , et avec d'autres familles Huaorani qui vivent dans un isolement volontaire dans la forêt . Les trois communautés de « Contacté » Huaorani ( Bameno , Bowanamo et Gabaro ) travaillent ensemble , en tant que communautés , pour protéger la forêt, et le droit de nos voisins isolés de rester seuls et en paix . Nous nous appelons Ome Gompote Kiwigimoni Huaorani Huaorani et nous défendons notre territoire , et les informations que nous avons fait des propositions très précises au gouvernement de l'Équateur pour la façon dont nous pouvons travailler ensemble pour protéger les droits de l'homme et de l'environnement dans la zone intangible . Nous appelons le gouvernement de l'Équateur à entendre notre voix et respecter nos droits , y compris nos droits fonciers . Nous leur demandons de ne pas envoyer leurs militaires ou autres fonctionnaires de notre territoire à vivre avec nous comme la police , ou à visiter nos communautés sans notre consentement.

Enfin nous invitons les représentants du gouvernement de l'Équateur , le gouvernement de Coca , et les autres gouvernements qui sont en place ,ainsi que la campagne Yasuni or vert et d'autres ONG et des particuliers qui sont présents , à engager un dialogue avec nous . Nous vous demandons de nous tenir au courant des propositions concernant Yasuni, et qui vous disent de nous soutenir - les communautés Huaorani locaux qui se battent pour protéger nos terres ancestrales .

Merci d'écouter mon message au nom du Yasuni et de tous les Huaorani qui vivent dans la zone intangible , Ome Gompote Kiwigimoni Huaorani "

+ INFOS source






C’est en 2013 que Varial* Cédric Houin, photographe et réalisateur, a décidé de s’embarquer dans une aventure dans la forêt tropicale amazonienne cherchant à atteindre le village Waorani le plus éloigné, Bameno, installé sur les terres de quelques-uns des derniers chasseurs-cueilleurs, au cœur d’un territoire menacé par "Big Oil".

Avec tout son équipement photo, vidéo et audio et à partir de la ville d’El Coca, il a voyagé par la route puis, pendant 2 jours, en bateau sur la rivière Cononaco pour finalement atteindre Bameno. Il a passé un permier mois sur place à documenter la vie de ces derniers guerriers, désormais prisonniers des plus récentes décisions politiques de leur gouvernement.

Lors de ce premier séjour en immersion totale et seul au sein de la famille Baihua, un clan de plus de 100 personnes, il a découvert leur modernité et leur adaptabilité au monde actuel, ainsi que les challenges réels auxquels ils sont confrontés afin de protéger leur territoire.

Réalisé et écrit dans l'intimité et l'immersion, ce projet célèbre la beauté et la simplicité de ces anciennes civilisations, si peu connues du reste du monde, sans pour autant délaisser les problèmes modernes rencontrés par ces hommes et ces femmes. Présenté comme une expérience hybride, le projet présente à son audience un regard différent sur une tribu que l'on croit, peut-être à tort, déjà connaître.







V arial and Penti

Varial* Cédric Houin est artiste visuel, photographe et réalisateur, aventurier et musicien. Il a, à ce jour, reçu plus de 30 récompenses, parmi celles-ci le 1er Prix au National Geographic Traveler Photo Contest (2012). Il est commandité par Nikon Canada et Impossible Project. Ses images et histoires ont été publiée dans de nombreux magazines, du New York Times à la BBC, Smithsonian et de National Geographic.

Varial* s’est vu décerné le prix récompensant le cinéaste du meilleur premier ou deuxième documentaire pour son film "Wakhan" (2013) projeté aux festival des Rendez-vous du cinéma québécois 2014. Ce premier film évoquait la vie des nomades Wakhis et Khirgizes, éleveurs de yak vivant en yourte, dans des contrées éloignées du nord de l’Afghanistan.

Son cheminement personnel repose depuis longtemps sur la quête d’identité et d'expression. Suivant les conseils de sa grand-mère "Va où tu veux, meurs où tu dois", Cédric part très jeune à l’aventure et en solitaire. Ses voyages, à la recherche de soi, l’emmenèrent toujours hors des sentiers battus, loin du monde moderne, le plus souvent en immersion dans les régions les plus éloignées et en harmonie avec des paysages enchanteurs, d’autres écosystèmes et d’autres cultures. En 2003, il émerge sous le pseudonyme Varial*, l'artiste visuel. Au cours des 11 dernières années, il a dirrigé son propre studio d’images et de création à Montréal. Varial* est une créateur de projets en collaboration avec des musiciens de renom, des designers, des centres d’art et des festivals.

En 2010, Varial* emprunte une nouvelle route, totalement dédiée à l’exploration de notre planète. Il a alors le désir de nous sensibiliser et de nous inciter à protéger toute la diversité bio-culturelle dans un monde où elle est sévèrement menacée de disparition. Il repousse, avec provocation, les limites du photo-journalisme et du film documentaire grâce à des images lumineuses, et intemporelles prises en Patagonie, Équateur, Afghanistan, Tadjikistan, Bornéo, Algérie, Inde, Mexique, Islande, dans les grands déserts américains et dans les Rocheuses canadiennes.

Son approche du cinéma documentaire est immersive, physique, lyrique, spirituelle et psychédélique. Il consacre aujour'hui son talent artistique au service de notre chère planète Terre.

Film production

Victorine Sentilhes
Contact

Varial Cédric Houin
Contact



Crédits

directeur de création, réalisateur et photographe Varial* Cédric Houin

Producteur Varial*Studio
Production Déléguée Victorine Sentilhes
Musique Originale David Drury
Website Musique Ethnic Heritage Ensemble
Website departement.ca











DÉCOUVREZ LE PREMIER PROJET MULTI-PLATEFORME DE VARIAL*, RÉCOMPENSÉ À L'INTERNATIONAL

Wakhan, an Other Afghanistan